Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu’un simple mythe

 

Chapitre 25 : retour à Poudlard.

 

         Les vacances touchèrent rapidement à leur fin et il fallut bientôt envisager de regagner Poudlard… Les derniers jours de vacances s’étaient écoulés paisiblement, en dehors d’une nouvelle dispute entre James et son père qui avait mené à un accès de colère sans précédent d’Elizabeth et qui s’était conclut par le départ de Franck qui avait préféré abréger ses “vacances” pour retourner aussi sec au Ministère… alors que Sirius, Remus, Harry et Lily avaient toutes les peines du monde à calmer un James fou de rage dont une joue était anormalement rougie.

 

         Finalement, l’ambiance s’était détendue et les vacances s’étaient achevées tranquillement, au plus grand soulagement de tout le monde, malgré l’hématome qui persistait sur la joue de James, rappel permanent de ce qui s’était passé au lendemain de la nouvelle année qui “commençait particulièrement bien”, comme l’avait fait remarquer Sirius, sur un ton quelque peu ironique.

 

         Le jour du départ arriva donc finalement. Ce matin-là, James fut réveillé par sa mère qui lui adressa un léger sourire.

 

         « Je te laisse le soin de la réveiller… ! » lui souffla-t-elle, avant de quitter la pièce.

 

         Un peu décontenancé et encore mal réveillé, il ne tarda cependant pas à se rappeler où il était et sourit légèrement. Prenant soin de ne pas réveiller la jeune fille qui dormait toujours, la tête contre lui, il tendit la main vers la table de chevet sur laquelle il avait posé ses lunettes la veille. Alors qu’il remettait machinalement ses lunettes, sa vision s’éclaircissant aussitôt, il prit conscience de ce qui se passait… ! Sa mère venait de le réveiller…, dans la chambre de Lily… ! Il rougit violemment à cette constatation mais se calma en se disant qu’ils n’avaient fait que dormir ensemble et que tous deux étaient vêtus… La jeune fille bougea légèrement dans son sommeil, ses cheveux soyeux venant chatouiller le bras de l’adolescent, le ramenant à la réalité du moment… Il allait bien falloir qu’il se décide à faire ce que sa mère lui avait suggéré…

 

         Il sourit et passa tendrement la main dans les cheveux auburn qui s’offraient à lui.

 

         « Lily jolie, murmura-t-il, avant de l’embrasser, tant bien que mal, sur le front. Il faut se réveiller… ! »

 

         Elle murmura imperceptiblement mais ouvrit les yeux, encore ensommeillée.

 

         « Bonjour, petite fleur de lys de mon cœur… ! » souffla-t-il affectueusement, lui arrachant un sourire, les mains sur sa taille délicate.

 

         Elle eut un petit sourire à cette appellation et l’embrassa en retour, avant de venir se blottir contre lui.

 

         « Bonjour mon Jimmy adoré ! » répondit-elle, en enfouissant son visage au creux de son cou.

 

         Depuis quelques jours elle avait pris l’habitude de l’appeler, quand ils n’étaient que tous les deux, par le surnom que sa mère lui donnait mais autant il protestait quand il était employé par sa mère, autant il se passait de commentaire lorsque c’était elle qui y avait recours…

 

         Il sourit en retour et resserra son étreinte pour la rapprocher de lui.

 

         «- Désolé d’avoir dû te réveiller ma puce, mais il faut se lever… !

 

          - Déjà ? protesta-t-elle, en se serrer un peu plus contre lui.

 

          - Eh bien, Miss Evans, je vous rend paresseuse, ma parole ! » plaisanta-t-il.

 

         Elle leva les yeux vers lui, le temps de lui tirer la langue.

 

         «- Vous êtes décidément bien puérile ce matin, Miss Evans… ! riposta-t-il, amusé.

 

          - Très drôle ! marmonna-t-elle. Je n’ai pas envie de me lever… !

 

          - Moi non plus mais il va bien falloir sortir du lit avant que ma mère ne revienne voir ce qu’on fait… ! souffla-t-il.

 

          - Revienne ? s’exclama-t-elle, en levant à nouveau les yeux vers lui, en rougissant. Tu veux dire que… ?

 

          - Oui… ! Elle est passée il y a quelques minutes… ! concéda James. Mais elle m’a juste dit qu’elle me laissait le soin de te réveiller… ! »

 

         Lily soupira tout en se mettant sur le dos, quittant les bras de son petit-ami par la même occasion, et se passa la main sur le front.

 

         « Oh, seigneur… ! »

 

         James sourit.

 

         «- Ma mère ne dira rien… ! Et puis, après tout, nous n’avons… rien fait de particulier cette nuit… !

 

          - James ! Ta mère sait que nous dormons ensemble ! rétorqua la jeune fille, les mains sur le visage.

 

          - Et alors… ? Il n’y a pas de mal à ça… !

 

          - Mais… ! C’est… ! »

 

         James sourit à nouveau et vint au dessus de la jeune fille, ramenant le drap sur eux, avant de lui écarter doucement les mains, pour rencontrer son regard émeraude qui brillait d’une lueur embarrassée. Il sourit en lui effleurant la joue d’une main.

 

         «- Ce n’est pas grave, Lily jolie ! assura-t-il. Ma mère a été adolescente avant nous… ! Et puis, elle t’adore… ! Qu’est-ce que tu veux qu’elle dise ? commenta-t-il en l’embrassant dans le cou.

 

          - Je ne sais pas… ! C’est juste que…, c’est gênant… !

 

          - Ne te tracasse pas pour ça, ma Lily ! La connaissant, elle doit déjà nous imaginer faire notre vie ensemble… ! ajouta-t-il en riant.

 

          - Ca ne me dérangerait pas… ! répliqua-t-elle en souriant et en passant une main dans les cheveux en bataille de l’adolescent.

 

          - Moi non plus… ! Mais on a encore le temps de voir venir, non ? Pour l’instant, nous ne sommes que de pauvres petits élèves qui doivent se lever pour retrouver ce bon vieux Poudlard… ! » observa-t-il, avant de l’embrasser.

 

         La jeune fille y répondit avec plaisir, passant ses bras autour de son cou, alors qu’il s’étendait sur elle et qu’elle venait, machinalement, passer ses jambes autour des siennes. Les mains de l’adolescent se firent caressantes… comme quelques soirs auparavant…. Mais, sans crier garde, il roula sur le côté, l’entraînant naturellement dans son mouvement, de sorte qu’elle se retrouva au dessus de lui.

 

         «- Idiot ! s’exclama-t-elle en riant.

 

          - Ce n’était pas raisonnable de se laisser tenter ! répliqua-t-il en souriant, avant de l’embrasser un nouveau.

 

          - Ca fait des galipettes de bon matin et ça se dit Préfets-en-Chef… ! intervint une voix moqueuse, les faisant tous deux tressaillir. Quel exemple… !

 

          - SIRIUS ! » s’écrièrent, en chœur, les deux adolescents, en sortant brutalement de sous les draps, pour découvrir le Maraudeur, adossé à la porte, un petit sourire moqueur aux lèvres.

 

         Mais il ne tarda pas à battre en retraite, en riant, lorsque James lui lança à la figure la première chose qui lui venait sous la main…, autrement dit un oreiller…

 

         « - Ah, celui-là, je te jure… ! Toujours bon pour casser l’ambiance… ! grogna James. Et il prétend être mon meilleur ami… ! Il ne perd rien pour attendre !

 

         - Maintenant on n’a plus le choix, on doit se lever… ! soupira Lily, en l’embrassant rapidement, en revenant à nouveau se serrer contre lui.

 

            - Oui… ! »

 

         Tous deux quittèrent, non sans regret, les bras de l’autre et se levèrent

 

         « Je file me changer en vitesse et je reviens, pour t’aider à enfermer Angel et Neige, d’accord ? » lança-t-il, en l’enlaçant à nouveau et en l’embrassant brièvement.

 

         Elle acquiesça en souriant et se laissa choir sur le lit, dès qu’il eut quitté la pièce…, cette même pièce où, quelques nuits auparavant, ils s’étaient donnés l’un à l’autre sans compter…, où ils n’avaient fait qu’un durant quelques merveilleux instants… !

 

         Une soirée qui resterait probablement à jamais gravée dans sa mémoire… ! Elle revoyait, même, très clairement le moindre détail de leur première fois…

 

         Décidément, les sorts contraceptifs étaient une merveille… bien moins contraignant que les méthodes moldue visant au même effet dont sa mère lui avait parlé trois ans plus tôt ! C’était si simple…, un unique sort à renouveler tous les mois et le tour était joué… ! Elle avait découvert ça par hasard, lorsqu’elle était en seconde année et bien que, à cette époque, elle n’y ait pas trouvé un grand intérêt, elle ne regrettait pas d’avoir appris la formule ce jour-là… !

 

         Elle revint à la réalité lorsque Neige sauta sur ses genoux en ronronnant.

 

         « Désolée ma belle mais tu vas devoir regagner ton panier pour quelques temps… ! Et je ne pense pas que tu reverra Gaïa de sitôt ! » murmura la jeune fille en caressant la tête intelligente du félin.

 

* * * * *

 

            «- Corny… Tu l’emmène vraiment ?

 

         - Bien sûr… ! Ma mère insiste pour que je le prenne avec moi… ! » observa nonchalamment James.

 

         Après le petit-déjeuner et après avoir aidé Lily, comme convenu, et essuyé quelques moqueries de ses amis (Sirius n’ayant, bien sûr, pas manqué de leur raconter, l’incident qui avait eu lieu un peu plus tôt), James avait calmé l’hilarité générale en annonçant qu’il emmenait Gaïa à Poudlard.

 

         «- Mais…, Cornedrue ! insista Remus. Ce n’est pas qu’on ait quelque chose contre ton chat mais…, tu ne crois pas que Queudver risque d’avoir quelques…petits problèmes avec Gaïa… !

 

         - Peter n’aura qu’à éviter de se transformer dans notre dortoir…, ça ne risquera rien… ! Et puis, maintenant que Neige est là…, il va avoir un compagnon de jeu…, et je suis sûr qu’il vous laissera tranquille… !

 

         - J’espère bien… ! grommela Sirius. Car mes bras s’en rappellent encore… !

 

         - Il vous tolère…, c’est déjà pas mal… ! objecta James. Et puis, de toute façon, je l’emmène…, ma mère y tiens particulièrement… ! »

 

* * * * *

 

         La voie 9 ¾ était pratiquement aussi bondée qu’à l’accoutumée, la plupart des élèves ayant préféré rentrer chez eux pour les fêtes. Si bien que le petit groupe d’adolescents se hâta d’aller réserver un compartiment…, ce qui ne fut pas particulièrement difficile grâce au statut de Préfets-en-Chef de deux d’entre eux… ! Tous les cinq revinrent ensuite auprès d’Elizabeth, qui les avait accompagnés sur le quai.

 

         «- Merci beaucoup, Mrs Potter, de nous avoir invité pour les vacances… !

 

         - Mais de rien, les enfants ! C’est toujours un plaisir de vous accueillir à la maison… ! assura-t-elle en souriant. Je regrette seulement que vous ayez dû subir… les crises de mon mari ! Quoiqu’il en soit, profitez bien de vos derniers mois à Poudlard… !

 

            - Comptez sur nous, Mrs Potter ! assura Sirius avec entrain.

 

         - Je n’en doute pas une seconde, Sirius… ! répliqua-t-elle, amusée. Mais ne faites pas trop de bêtises, tous autant que vous êtes, quand même ! Allez, dépêchez-vous de monter dans le train… ! » ajouta-t-elle alors qu’une voix annonçait le départ imminent du Poudlard Express.

 

         Sirius, Remus et Harry obtempérèrent, alors que James, serrant la main de sa petite-amie, s’attarda encore auprès de sa mère qui serra, brièvement, son fils contre elle.

 

            «- Je suis désolé que tu aies du te fâcher avec…père… ! lança James.

 

         - Tu n’as aucune raison de te reprocher ce qui s’est passé, Jimmy ! certifia Elizabeth. Il était grand temps de remettre les pendules à l’heure avec lui… ! Et il n’avait pas à lever la main sur toi… ! Tu n’as fait que défendre tes opinions, et tu as très bien fait… ! »

 

         James sourit légèrement.

 

         «- Prends soin de toi, M’man ! reprit-il. Et ne t’en fait pas, je n’oublierai pas de t’écrire… !

 

          - Merci de te soucier encore de ta vieille mère ! plaisanta-t-elle.

 

          - Tu n’es pas vieille… ! protesta l’adolescent.

 

          - Je suis heureuse de te l’entendre dire, mon chéri ! répliqua-t-elle en souriant. Fait attention à toi surtout… et n’en faites pas trop tous les deux… ! ajouta-t-elle, sur un ton assez explicite, à l’adresse des deux adolescents qui rougirent légèrement. Je sais que vous êtes assez sérieux pour ne pas prendre la chose à la légère mais…, on ne sait jamais… ! poursuivit-elle avant de se tourner vers la jeune fille. Lily, j’ai été ravie de faire ta connaissance et je suis certaine que mon fils ne pouvait pas trouver meilleur parti que toi… ! lui souffla-t-elle en l’étreignant. Il risque d’avoir besoin de toi… ! Prends bien soin de toi, d’accord ?

 

          - Comptez sur moi, Mrs Potter ! assura l’adolescente, quelque peu troublée. Mais comment pourrai-je vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi et pour m’avoir accueillie chez vous… ?

 

          - En prenant soin de mon fils, par exemple ! répondit Elizabeth en lui adressant un sourire complice. Et si tu pouvais en profiter pour lui inculquer quelques responsabilités supplémentaires… !

 

          - Eh ! protesta l’intéressé, alors que la jeune fille éclatait de rire.

 

          - Je ferai mon possible, Mrs Potter… ! » promit-elle en revenant auprès de James qui passa un bras autour de sa taille.

 

         Elizabeth sourit.

 

         « Vous feriez bien d’y aller, tous les deux… ! déclara-t-elle soudain. Je crois qu’il ne manque plus que vous… ! »

 

         Les deux adolescents ne purent qu’obtenir la confirmation de ce qu’elle venait de dire et se hâtèrent donc de monter dans le train, sous le regard amusé d’Elizabeth.

 

         « On se reverra aux vacances d’été ! » cria James, avant de fermer la porte du wagon où ils s’étaient engouffrés.

 

         Elizabeth esquissa un pâle sourire que son fils n’eut guère le loisir d’apercevoir…

 

         « Oui… ! Peut-être… ! » murmura-t-elle.

 

* * * * *

 

         « N’empêche, c’est peut-être plus utile que je le croyais d’avoir des Préfets-en-Chef parmi nous ! commenta Sirius, calé dans un siège du compartiment. On n’a pas eu le moindre problème pour obtenir un compartiment rien que pour nous… ! »

 

         Le train avait quitté King’s Cross depuis déjà près d’une heure et Sirius ne cessait de répéter la même chose depuis…

 

         « Oui, Sirius, on sait ! Ce ne sera que la vingtième fois que tu nous le dit… ! » soupira James, les bras passés autour de la taille de sa petite-amie qui était blottie contre lui.

 

         Harry observait distraitement la scène, amusé, alors que Remus, assis près de la fenêtre du compartiment, somnolait, lorsque la porte s’ouvrit brutalement.

 

         « Elsa ! Amy ! » s’exclama Lily, en quittant les bras de son petit-ami qui protesta quelque peu, en apercevant ses amies, et en réveillant Remus au passage.

 

         Harry sourit, en assistant aux retrouvailles des trois jeunes filles, encore plus quand, après avoir salué tout le monde, Amy aperçu le collier que Lily portait au cou.

 

         « Oh, Lily ! Il est magnifique ! » s’exclama-t-elle, admirative.

 

         Lily eut un petit sourire.

 

         «- C’est James qui me l’a offert pour Noël… ! répondit-elle.

 

          - Et ben… ! s’étonna Amy. En tout cas, il n’hésite pas à faire des frais pour toi… ! ajouta-t-elle en souriant. Ca a dû lui coûter une petite fortune… ! continua-t-elle, avant de lever les yeux vers James. Tu es allé faire ça chez Orfévro, non… ?

 

          - Euh oui… ! approuva l’intéressé.

 

          - Et, juste par curiosité…, ça t’a coûté combien cette petite merveille… ? »

 

         James haussa les sourcils et esquissa un petit sourire énigmatique.

 

         «- Franchement, Amy, il a refusé de nous le dire, à nous qui sommes pourtant ses meilleurs amis…, alors il ne risque pas de te le dire, à toi… ! intervint Sirius.

 

          - En tout cas, il mérite vraiment sa réputation de meilleur bijoutier de Grande-Bretagne… ! reprit Amy, ignorant l’intervention de Sirius. Ils sont criant de vérité… ! On dit que chacun des bijou qu’il fait est unique… ! Qu’il n’y en a pas deux pareil… ! Et… !

 

          - Oh, mais ils sont à qui ces deux chats là ? s’exclama Elsa, interrompant ainsi son amie.

 

          - La blanche, c’est Boule de Neige…, je l’ai eu pour Noël… !

 

          - Et le tigré, Gaïa, est à moi… ! intervint James en quittant sa place pour passer un bras autour de la taille de sa petite-amie.

 

          - Ah, ben, pourquoi tu ne l’as jamais emmené à Poudlard ? s’étonna Elsa.

 

          - C’est un chat dressé pour assurer la protection de James… ! intervint simplement Sirius. C’est un véritable fauve quand il est question de la sécurité de son maître… !

 

          - A ce point-là ? s’inquiéta Amy.

 

          - Oh oui ! confirma Sirius, l’air grave. Et je crois que vous aurez tout le loisir d’observer cette furie à l’œuvre quand vous vous risquerez dans notre dortoir durant les mois à venir… ! »

 

         Harry sourit devant l’air inquiet des deux jeunes filles.

 

         «- Euh, Lily… ! Rassure-moi, ton chat n’est pas dressé à te protéger j’espère ? s’enquit soudain Elsa.

 

          - Neige… ? Oh non, elle ne ferai pas de mal à une mouche… ! assura Lily. Mais je crois qu’il serait préférable d’attendre d’être à Poudlard pour vous la présenter… !

 

          - Elle ? La ? répéta Amy. Tu veux dire que c’est une chatte ?

 

          - Oui…, pourquoi ? demanda Lily, ne voyant pas trop pourquoi son amie se préoccupait d’un tel détail.

 

          - Pourquoi ? s’exclama Sirius, moqueur. Tout simplement parce que Gaïa étant un mâle en pleine possession de…hum…ses moyens…, ils pourraient en venir à avoir la même idée que…leur propriétaire respectif, si tu vois ce que je veux dire… ? »

 

         Un bref silence surpris suivit cette déclaration et Lily rougit légèrement alors que les autres se tournaient, bouche-bées, vers le petit couple.

 

         «- Je ne vois pas de quoi tu parles, Sirius… ! répliqua calmement James.

 

          - Et moi je suis sûr que tu sais très bien de quoi je parle, Jamsie… ! riposta innocemment Sirius.

 

          - Vous… ? Vous avez vraiment… ? » s’étonna Elsa, incrédule.

 

         Lily sembla trouver un intérêt soudain pour ses chaussures, plus rouge que jamais, alors que James fusillait du regard un Sirius fier de lui.

 

         «- De toute façon, ce qu’on fait ne concerne que nous et puis, même si c’est le cas, il n’y a aucune raison d’en faire une affaire d’état… ! répliqua James. Et, pour ton information, Sirius, nous étions habillés, ce matin… !

 

          - Et qu’est-ce que vous faisiez sous les draps, alors ? insista lourdement Sirius.

 

          - RIEN ! » cingla James qui commençait à rougir légèrement lui aussi.

 

* * * * *

 

         L’ambiance s’était quelque peu durcie, mais ça n’avait pas empêché Remus de replonger dans les bras de Morphée tandis que Harry essayait vainement de se concentrer sur un livre sur le Quidditch que James lui avait prêté, tout en surveillant distraitement ce qui se passait dans le reste du wagon. Elsa et Amy, assises en face de Remus, discutaient à voix basse, alors que Sirius, à l’une des extrémités du compartiment, grommelait dans son coin au sujet du “manque d’humour de certains” et que, de l’autre côté, Lily s’efforçait de calmer un James de mauvaise humeur.

 

         Mais trop de choses se bousculaient dans la tête de l’adolescent et, dans ce contexte, même en se réfugiant dans la lecture, Harry ne parvenait pas à réfléchir correctement. Il soupira, referma son livre en se levant et déposa l’objet sur le siège qu’il occupait jusque là.

 

         « Je vais faire un tour et je reviens… ! » annonça-t-il à la cantonade avant de quitter le compartiment.

 

* * * * *

 

         Tout en vagabondant dans le couloir désert, Harry profitait du calme enfin retrouvé pour faire le point sur les derniers évènements. Entre les cours sur les Patronus qui allaient inexorablement reprendre à la rentrée, le cas de ses parents, les tensions au sein des Maraudeurs (à commencer par l’absence de Peter), le mystère qui persistait sur l’identité de la voix qui avait interférée auprès de sa forme d’Animagus et le fait qu’il n’ait pas eu de nouvelles de son époque depuis le mois d’octobre préoccupaient quelque peu l’adolescent.

 

         En effet, le professeur Van der Break s’attendrait à ce qu’il ait progressé dans la réalisation de son Patronus, mais Harry ne pouvait pas faire mieux…, au risque de laisser apparaître la véritable forme de son Patronus…, forme que les Maraudeurs ne manqueraient pas de reconnaître et donc de s’interroger sur le fait que Harry Calaway…, l’australien…, puisse produire un Patronus qui ressemblait à s’y méprendre à la forme d’Animagus de James…

 

         Mais, plus troublant que cela, si c’était possible…, c’était la façon dont la relation entre James et Lily avait évoluée… Les problèmes provoqués par les idéologies de Franck Potter n’avaient fait que rapprocher encore plus ses futurs parents…, comme il avait pu le constater personnellement le soir où il avait dû…les interrompre… ! Bon, évidemment, il fallait bien que ça arrive un jour…, étant donné que, au final, ils étaient, tout de même sensés être ses parents… ! Mais ça restait déconcertant… Harry avait du mal à se dire que ses futurs parents faisaient plus que dormir simplement ensemble, et cela au nez et à la barbe de tout le monde…, ou presque ! Harry sourit en repensant aux sous-entendus de Sirius… ! Le Maraudeur n’était, apparemment, pas décidé à laisser tranquille le couple… !

 

         Ensuite… le cas “Peter”… ! Alors là, Harry n’arrivait pas à croire qu’il puisse se préoccuper de l’absence du rat… ! Les trois autres Maraudeurs ne semblaient même pas avoir remarqué l’absence du quatrième de la bande… ! Et Harry ne parvenait pas à se débarrasser du désagréable pressentiment qui ne cessait de le travailler… ! Il était intimement convaincu que ses vacances en Albanie n’étaient pas anodines…, tout comme la fameuse rencontre qui lui avait si bien ouvert les yeux durant ses vacances en Autriche… ! D’une façon ou d’une autre, ça devait avoir un rapport avec les activités nébuleuses des partisans de Voldemort…qui se tenait beaucoup trop tranquille… !

 

         Ah bah, tiens, un autre sujet de préoccupation… : Voldemort… ! Il l’avait presque oublié… ! Mais Harry en était venu à la conclusion suivante : ce n’était pas bon signe… Voldemort se contentait d’attendre son heure, sournoisement tapit dans l’ombre de l’oubli…, près à ressurgir à tout moment… ! Par expérience, Harry savait qu’il ne fallait pas sous-estimer le mage noir… ! Il n’était pas un Serpentard, et qui plus est, l’héritier de Salazar Serpentard, pour rien… ! Voldemort possédait toutes les caractéristiques d’un Serpentard…, et c’était ce qui le rendait si dangereux… ! Plus on lui laissait le temps de réfléchir et de mettre au point ses projets et plus ses actions faisaient des dégâts… Mais, tout comme à son époque, le Ministère restait anormalement passif, se contentant d’attendre qu’il frappe pour agir…

 

         Un autre point qui l’intriguait… la voix… Harry avait beau s’être creusé la tête pendant des heures, il n’avait pas réussit à mettre un nom à cette voix qui, pourtant, lui était familière…, comme le confirmait le fait que cette voix avait tenue à ce que l’adolescent le tutoie… ! En plus de cela, quelle que soit son identité, “la Voix” prétendait savoir bien des choses que lui ignorait…, et connaissait le nom que les Maraudeurs donneraient à sa forme d’Animagus… “Ne te fie jamais à quelque chose capable d’agir et de penser seul si tu ne vois pas où se trouve son cerveau” Les paroles prononcées un jour par Arthur Weasley lui revint à l’esprit. Harry ne pouvait pas faire, aveuglément, confiance à une voix venue de nulle part…, même si elle ne semblait pas, à première vue, pourvue de mauvaises attentions…

 

         <<Tu réfléchis beaucoup trop, Harry !>>

 

         L’adolescent sursauta.

 

         <<Désolé, je ne tenais pas à te faire peur !>>

 

         « Mais qui es-tu ? »

 

         <<Tu auras ta réponse en temps voulu !>>

 

         « Pourquoi devrais-je te faire confiance, alors ? »

 

         <<Harry, Harry !>> soupira la voix. <<Tu as tes raisons mais… tu es vraiment trop méfiant… ! Et puis, va un instant dans le prochain compartiment à gauche…, il est vide… et on y sera plus tranquille pour y discuter…, d’autant plus que tu es le seul à pouvoir m’entendre !>>

 

         Harry fronça les sourcils mais obtempéra.

 

         « Pourquoi interviens-tu comme ça ? » demanda-t-il.

 

         <<Arrête un peu avec tes questions ! Tu t’en pose déjà bien assez ! Tu auras des réponses bientôt…, tu en as ma parole !>>

 

         L’adolescent haussa un sourcil, mais resta silencieux.

 

         <<Quoi qu’il en soit, si j’ai crû bon d’intervenir là, c’est pour la simple et bonne raison qu’il faut vraiment que tu cesse de cogiter comme ça… ! Laisse faire les choses… ! Ta première transformation ne t’a-t-elle donc rien appris ? L’instinct animal est la clé de la survie…, les animaux ne se posent pas de questions, ils agissent… ! Mais dès l’instant où tu t’es focalisé sur la maîtrise de l’animal sans te préoccuper de ce qui pouvait arriver à James…, tu as dominé la Panthère… ! Tu as cessé de te poser des questions et c’est ce que tu dois comprendre… ! Ce n’est pas en te posant des questions que tu résoudras les problèmes… ! Chaque chose en son temps… !>>

 

         Harry resta silencieux, perplexe.

 

         <<Tu n’as pas l’air enclin à m’écouter, aujourd’hui !>> soupira finalement la voix. <<Tu ferai mieux de rejoindre tes amis !>> ajouta-t-elle.

 

         Harry acquiesça silencieusement mais resta un long moment, perdu dans ses réflexions, dans ce compartiment vide, sans aucune autre intervention de la voix. Il soupira et se dirigea vers la porte, dans l’intention de retourner à son compartiment mais il se figea, la main sur la poignée, en entendant des éclats de voix de l’autre côté du battant.

 

         « Mais c’est Pettigrow ! » murmura-t-il, en reconnaissant la voix du quatrième Maraudeur.

 

         Celui-ci semblait en grande conversation avec quelqu’un…que Harry finit par identifier comme étant…

 

         « Lestrange ! souffla-t-il. Peter parle avec un Serpentard… ! »

 

         Interloqué, Harry se risqua à entrouvrir précautionneusement la porte, tentant ainsi d’intercepter une partie de la conversation qui se tenait dans le couloir.

 

         «- On te tiendra au courant ! déclara Lestrange, à voix basse. Ne fais rien qui puisse attirer l’attention sur toi par contre !

 

          - Pas de problème… ! Vous pouvez compter sur moi… ! » assura Peter.

 

         Il y eut un silence.

 

         « Finalement, il se pourrait bien qu’on se soit trompés sur ton compte, Peter… ! reprit le Serpentard. Mais, pour l’instant, tu es à l’épreuve… ! »

 

         Harry fronça les sourcils et s’écarta de la porte, en voyant le Serpentard passer devant lui, dans un bruissement d’étoffe, lui permettant de confirmer ce qu’il savait déjà… C’était bel et bien Albert Lestrange… Et le Serpentard fut rapidement suivit par son interlocuteur.

 

         « Alors, comme ça Peter est à l’épreuve… ? songea Harry. C’est bien ce que je craignais… ! Le ver est dans la pomme… ! » soupira-t-il.

 

         Il avait ainsi obtenu une réponse à ses préoccupations…, Peter avait finalement rejoint les forces obscures… ! Harry secoua la tête puis, s’étant assuré que la voie était libre, quitta le compartiment, décidé à rejoindre les autres.

 

* * * * *

 

         «- Eh Peter ! s’exclama Sirius, lorsque l’intéressé les rejoignit dans la Grande Salle. Où étais-tu passé ?

 

          - Je ne vous ai pas trouvé, dans le train, alors j’ai fini par me trouver un compartiment vide… ! » prétexta Pettigrow en s’asseyant.

 

         James, assis entre Remus et Lily, vit Harry hausser un sourcil à ces mots mais s’abstint de commentaire.

 

         «- Alors, comment se sont passées tes vacances en Albanie ? s’enquit Remus.

 

          - Très bien… ! Pour une fois, je n’ai pas regretté le voyage… ! répliqua Peter en souriant légèrement. J’y ai fait de nombreuses rencontres… ! Et comment étaient vos vacances… ?

 

          - C’était super ! Surtout la fête de fin d’année qu’on a fait… ! C’était un super réveillon… ! s’enthousiasma Sirius. Tu aurais du voir ça, Peter, franchement… !

 

          - C’était tellement super qu’il s’est fait giflé par trois filles au cours de la soirée et qu’il avait tellement bu qu’il ne tenait plus debout et qu’on a du lui administrer une potion de décuvage… ! traduisit Remus. Mais on en a quand même profiter pour décoincer Harry… !

 

         Peter sourit et se tourna vers James.

 

         «- Et qu’est-ce qui t’es arrivé ? demanda-t-il en notant la joue encore endolorie de ce dernier.

 

          - Une dispute avec mon père… ! » répliqua simplement James en haussant les épaules.

 

         Mais de toute façon, ils n’auraient guère eut le temps de continuer leur conversation car, à la table des professeurs, Dumbledore se leva à cet instant, instaurant le silence, pour son habituel discours de reprise des cours…, suivit de la traditionnelle apparition des plats…

 

* * * * *

 

         Deux semaines s’étaient écoulées depuis la rentrée. Ce matin là, Lily fut réveillée par une langue râpeuse sur son nez.

 

         « Neige… ! » protesta-t-elle, en ouvrant les yeux.

 

         La petite chatte miaula et vint se frotter contre sa propriétaire en ronronnant, lui arrachant un léger sourire.

 

         « C’est impossible de t’en vouloir ! soupira-t-elle en s’asseyant sur son lit et en prenant l’animal dans ses bras pour la caresser, la faisant ronronner de plus belle. Oh ! s’exclama-t-elle en apercevant un bouquet de fleurs posé sur la table de chevet. Il a encore recommencé ! »

 

         Délaissant momentanément la chatte blanche, elle prit le bouquet, constitué uniquement de différentes espèces de lys et n’eut aucun mal à repérer le mot qui l’accompagnait : “A toi pour toujours, James.”

 

         « James… ! » soupira-t-elle en secouant la tête, à la fois touchée et exaspérée.

 

         D’un commun accord, tous deux avaient décidés d’éviter de passer leurs nuits ensemble…, pour laisser retomber les sous-entendus un peu lourd de certains “gros esprits” et, probablement pour compenser, James s’obstinait à déposer, régulièrement, près de son lit des bouquets de ce genre…

 

         Elle sourit et quitta son lit, pour déposer les fleurs dans un vase dans lequel se trouvait déjà les trois autres bouquets qu’il lui avait offert… Revenant près de son lit, elle maugréa en constatant que, sans l’intervention de son chat, elle aurait pu dormir au moins deux heures de plus. Elle soupira et, sachant qu’elle n’arriverait plus à se rendormir, elle s’emmitoufla dans sa robe de chambre et quitta le dortoir, en prenant soin de ne pas laisser sortir la petit chatte blanche qui était partie pour la suivre.

 

         Mais quelle ne fut pas sa surprise en constatant que la Salle Commune n’était pas si déserte qu’elle l’avait pensée ? Elle sourit et s’avança silencieusement vers l’adolescent qui semblait perdu dans ses réflexions.

 

         S’étant faufilée derrière lui, elle posa les mains sur ses yeux, le faisant tressaillir.

 

         «- Devine qui c’est… ? souffla-t-elle d’une voix douce à son oreille.

 

          - Je ne sait vraiment pas !  plaisanta-t-il. Mais, au hasard, je dirai ma petite fleur de lys préférée ?

 

          - Gagné ! répondit-elle en souriant tout en enlevant ses mains. En parlant de fleurs de lys, merci pour le bouquet, James… ! reprit-elle. Mais, tu sais, ce n’était vraiment pas la peine… ! »

 

         Il sourit et se déplaça sur le fauteuil où il était assis, tapotant légèrement la place ainsi libérée dans une invitation assez significative. La jeune fille esquissa un sourire et se glissa à ses côtés, en l’embrassant brièvement.

 

         «- Alors, qu’est-ce que tu fais debout à cette heure ? s’enquit-il en passant un bras autour de ses épaules.

 

          - Neige a jugée bon de venir me réveiller… ! soupira-t-elle, la tête contre son épaule. Et toi… ?

 

          - C’est à croire que nos chats ont eut la même idée… ! rétorqua-t-il en souriant.

 

          - Ah, parce que c’est aussi Gaïa qui t’a réveillé… ?

 

          - Effectivement ! confirma-t-il. Enfin, c’est tout aussi bien… ! Ca m’a permit d’intercepter un hibou express que m’a envoyé ma mère… !

 

          - Ca devait être important pour qu’elle t’écrive au beau milieu de la nuit… ! commenta Lily. Rien de grave, j’espère ?

 

          - En fait, elle voulait juste être sûre que je lise son message avant de l’apprendre par la Gazette du Sorcier… ! »

 

         Lily haussa les sourcils, interloquées.

 

         «- Pourquoi ? s’étonna-t-elle.

 

          - Le repaire de Voldemort a été localisé… ! expliqua James. Le Ministère a donc décidé d’y envoyer, hier, un groupe de ses meilleurs Aurors… !

 

          - Et… ? s’enquit Lily, mû par un mauvais pressentiment.

 

          - Aucun n’en est revenu… !

 

          - Ton père faisait partit de ce groupe ? s’inquiéta Lily.

 

          - Oui… ! Il a été l’un des premiers à accepter l’ordre de mission…, pour cette mission plus que suicidaire… ! Et sans en parler à ma mère auparavant… !

 

          - Mais alors… ? Il… ?

 

          - On en sait rien… ! Les Médicomages qui ont été envoyés sur les lieux en fin de journée n’ont retrouvés que treize des corps des Aurors qui constituaient le détachement… Mais il est porté disparu, avec un autre de ses coéquipiers…! » répondit négligemment James.

 

         Lily resta effarée devant le sang-froid dont il faisait preuve en disant ces mots. Elle savait qu’il détestait son père mais… à ce point ?

 

         «- James… ! Je sais que tu en veux à ton père mais… il pourrait mourir !

 

          - Et alors ? marmonna-t-il.

 

          - James… ! C’est ton père… ! s’offusqua Lily.

 

          - Mon… père… m’a non seulement frappé mais renié… ! lâcha sèchement James, fixant le feu.

 

          - Mais… ? Mais s’il venait à mourir…, tu ne pourrais même plus lui dire à quel point tu le déteste ! lança Lily.

 

          - De toute façon, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? observa James. Je ne peux qu’attendre d’en savoir plus… ! » ajouta-t-il d’une voix plus incertaine.

 

         Lily grimaça et se blottit contre son petit-ami.

 

         «- Je suis désolée, James ! Ce n’est pas facile pour toi, cette situation… !

 

          - Tu n’as rien à te reprocher, Lily… ! Rien du tout… ! insista-t-il, avant de l’embrasser. Je doit te paraître bien cruel de montrer si peu d’inquiétude sur le sort de mon père, alors que toi, tu as perdu tes parents et… !

 

          - Chut… ! l’interrompit-elle. Arrêtons de parler de ça, d’accord ? Inutile de se lancer sur des suppositions… ! On ne peut qu’attendre et laisser faire les choses… ! » murmura-t-elle.

 

         James acquiesça et l’embrassa sur le front. Tous deux restèrent un long moment ainsi, en silence, blottis l’un contre l’autre.

 

         «- Lily… ? lança-t-il au bout d’un moment.

 

          - Oui ?

 

          - Quoi qu’il arrive…, tu pourras toujours compter sur moi… ! On pourra toujours compter l’un sur l’autre…, n’est-ce pas ?

 

          - Bien sûr… ! approuva-t-elle, un peu surprise par sa question, en levant les yeux vers lui pour rencontrer le regard troublé de son ami. Je ne te laisserai jamais tomber, James, et tu le sais… ! Peu importe ce qui arrivera, tu pourras compter sur moi… en toute circonstance… !

 

          - Promis ?

 

          - Promis… ! » confirma-t-elle en souriant, avant de se déplacer pour venir s’installer sur ses genoux et se réfugier dans ses bras.

 

         Il sourit à son tour et l’embrassa légèrement sur le front en l’enlaçant étroitement.

 

         «- Je t’aime, Lily !

 

          - Je t’aime aussi, James ! » murmura-t-elle, serrée contre lui.

 

         Le silence revint, plus léger qu’auparavant, alors que tous deux profitaient de la présence de l’autre, se réconfortant ainsi mutuellement.

 

* * * * *

 

         L’événement fit, bien sûr, la une de la Gazette du Sorcier ce matin-là et la Grande Salle devint rapidement plus bruyante que de coutume alors que les élèves qui recevaient le journal quotidien se hâtaient d’annoncer les nouvelles à leurs camarades.

 

         A la table des Gryffondor, James jouait distraitement avec le contenu de son assiette, prêtant à peine attention au fait que Harry, plus pâle qu’à l’accoutumée, semblait avoir aussi peu d’appétit que lui, se contentant d’émietter un toast dans son assiette, sans y toucher, ni que plusieurs élèves manquaient à l’appel ainsi que Dumbledore et les responsable des quatre maisons… ! Lesdits professeurs avaient sûrement du convoquer les étudiants dont un membre de la famille faisait partit du détachement qui avait été en charge de pénétrer dans le repaire de Voldemort pour leur annoncer la triste nouvelle et organiser le départ de ces élèves pour qu’ils puisse rentrer chez eux pour les obsèques des victimes… !

 

         James baissa machinalement la tête lorsque Remus, qui lisait l’article à haute voix, énonçait les noms des victimes : Tom McKinnon, Richard Bonns, Ethan Faucett, David Summer, Etienne Goujon, Carl Fletcher, Arnold Bell, George Berkeley, Thomas Locke, Jonathan Stillman, Scott Andersen, Gregory Perkins et Henry Smith : treize noms… sur les quinze qui s’étaient vu confié cette mission… !

 

         «- James ! s’exclama soudain Remus, en levant les yeux du journal. Est-ce que tu savais que ton père… ?

 

          - Faisait partit du détachement et qu’il est désormais porté disparu… ? répliqua l’intéressé. Oui, je le savais… ! Ma mère m’a envoyé un hibou express ce matin pour me l’annoncer…, mais je ne tiens pas à m’appesantir sur le sujet… ! » conclut-il, en plantant rageusement sa fourchette dans une tranche de bacon.

 

         Les autres gardèrent le silence et semblèrent trouver un grand intérêt à leur assiette respective.

 

         « Alors, Potter ! Papa est aux objets perdus ? » lança une voix plus que sarcastique.

 

         Le petit groupe releva aussitôt la tête en direction des quelques Serpentard qui s’étaient approchés à leur insu, un petit sourire mauvais aux lèvres.

 

         «- Casse-toi, Rogue ! grogna James sans même prendre la peine de se retourner vers le nouveau venu. Ce n’est vraiment pas le moment de me chercher… !

 

          - Oh, bien au contraire, je pense que le moment est on ne peu mieux choisi, Potter… ! ironisa Rogue, esquissant un petit sourire mauvais.

 

          - Qu’est-ce que tu veux, Rogue ? intervint sèchement Sirius.

 

          - Ferme-la, Black ! intervint Avery.

 

          - Oh, miracle, il a parlé ! se moqua Sirius. Je commençais à croire que Roguie était le seul de votre bande d’arriérés à avoir un cerveau assez développé pour formuler plus qu’un mot !

 

          - Sirius… ! tenta Remus.

 

          - Alors, Potter, j’ai entendu dire que ton père t’avais frappé parce que tu sortais avec la Sang-de-Bourbe ? » continua perfidement Rogue.

 

         James tressaillit à ces mots et, avant que quiconque ait pu faire quoique ce soit, se leva d’un bond et attrapa Rogue par le col, le soulevant du sol.

 

         «- James… ! tenta, calmement, Lily.

 

          - Pas maintenant, Lil ! lâcha-t-il d’une voix tendue. J’ai un compte à régler avec cette tête d’huile ignoble ! Et pour ton information, Rogue…, oui mon père est porté disparu mais, tu sais quoi ? J’en ai rien à faire… ! En tant qu’Auror, c’est un risque à prendre… ! Et si mon père m’a frappé c’est parce que, moi, j’ai eu le courage de lui tenir tête pour affirmer mes convictions…, contrairement à ta petite bande de Serpentards et toi qui vous pliez bêtement aux ordres de Malefoy et de vos parents… ! Vous êtes pourris jusqu’à la moelle mais, mets toi bien ça dans le crâne une bonne fois pour toute…, avise-toi de t’en prendre à Lily, de quelque façon que ce soit, et tu le regretteras… très cher… ! »

 

         Les deux adversaires se défièrent du regard et James repoussa violemment Rogue qui s’écrasa brutalement contre la table voisine, dans un grand bruit de verre brisé, provoquant des protestations étouffés parmi les Serdaigle qui se trouvaient aux environs immédiats, alors que tous les regards se tournaient à présent vers eux.

 

         «- Tu me le payeras, Potter… ! siffla le Serpentard en se relevant avec l’aide de Nott et Rosier, le nez en sang. Crois-moi… !

 

          - C’est quand tu veux, Rogue… ! » cingla, froidement, James.

 

         La tension était presque palpable. A la table des professeurs, les quelques enseignants présents observaient l’évolution de la situation, se demandant ce qu’il était préférable de faire, en l’absence des responsables de maison et du directeur. Brusquement, l’attitude de Rogue changea de tout au tout et il eut un petit sorcier mesquin.

 

         «- Au fait, Potter, ça me fait penser… ! Vous adorez les défis, tes crétins d’amis et toi, il me semble… !

 

          - Vide ton sac, Rogue, je n’ai pas que ça à faire… !

 

          - Très bien… ! Comme tu le sais, à la fin du mois de février, ton équipe est sensée jouer contre celle de Serpentard, autrement dit la mienne… !

 

          - Et… ? insista James en haussant un sourcil, ne voyant pas où le Serpentard voulait en venir.

 

          - Et bien, votre équipe a la réputation d’être la meilleure de l’école… ! poursuivit Rogue, sans se départir de son sourire.

 

          - Elle n’a pas que la réputation…, elle est la meilleure… ! intervint Sirius.

 

          - C’est pourquoi…, continua Rogue sans se préoccuper de l’interruption de Sirius. Je voulais vous proposer ceci… : Lors du prochain match, dans nos deux équipes…, le Poursuiveur principal devra échanger de rôle avec…l’Attrapeur de l’équipe… ! Comme ça, on verra si Gryffondor mérite vraiment sa réputation… ! »

 

         Tout le monde le fixait avec des yeux ronds.

 

         «- Bien sûr, vous pouvez refuser… ! continua Rogue. Mais ça irait à l’encontre de votre sens de l’honneur, à ta petite bande et toi, Potter, non ? A moins que tu aies peur de perdre, Potter… ?

 

          - Je n’ai jamais rechigné à répondre à un défi, Rogue…, quel qu’il soit… ! cingla James. Néanmoins, ce ne serait pas plutôt le Capitaine de votre équipe qui devrait m’en parler ?

 

          - Mais je suis le nouveau Capitaine, et Poursuiveur… ! » observa fièrement Rogue.

 

         Sirius éclata de rire.

 

         «- Toi ? Sur un balai ? pouffa-t-il, entre deux crises de fou rire.

 

          - Alors, Potter… ? Ta réponse ? insista Rogue, fixant froidement son interlocuteur. Tu ne vas pas te dégonfler, quand même ? »

 

         Le regard de James se durcit, sentant que cette proposition n’était pas aussi innocente que le Serpentard ne le laissait paraître. Mais la réputation des Maraudeurs, mais aussi de son équipe, de sa maison et la sienne étaient, à présent, en jeu…

 

         «- D’accord… ! accepta-t-il. Mais si vous ne le respectez pas, le pacte ne tiendra plus… !

 

          - Ne t’en fait pas pour ça, Potter… ! répliqua Rogue, avant de tourner les talons. Et fait attention à ta Sang-de-Bourbe, qui sait ce qui pourrait lui arriver… ! » ajouta-t-il sournoisement, en s’éloignant suivit de ses camarades.

 

         James, piqué au vif, allait se jeter sur le Serpentard quand…

 

         « JAMES POTTER ! »

 

         Tous sursautèrent, pour apercevoir une McGonagall outrée, immobile sur le seuil de la Grande Salle.

 

         «- Mais… ? protesta l’adolescent, alors que Rogue, narquois, s’éloignait nonchalamment et que la responsable de Métamorphose venait vers la table des Gryffondor.

 

          - Il n’y a pas de “mais” qui tienne, Potter… ! Asseyez-vous avant que je n’enlève des points à votre maison… ! »

 

         James voulu dire quelque chose mais se ravisa, soupira, et regagna sa place. Visiblement satisfaite, l’enseignante lui adressa un regard inexprimable et repartit vers la table des professeurs ou les autres responsables de maison avaient repris leur place respective.

 

         «- James… ? Qu’est-ce qui t’a pris d’accepter la proposition de Rogue ? s’exclama Sirius.

 

          - Tu sais aussi bien qui moi que je n’ai jamais refusé un défi…, et ce n’est pas maintenant, face à Rogue, que je commencerai… ! grogna James.

 

          - Mais… tu n’as jamais approché un Vif d’or de ta vie… ! insista Remus. De tous les postes, c’est celui où tu es encore plus nul que Peter… !

 

          - Eh ! protesta l’intéressé.

 

          - Désolé, Peter, mais il faut bien admettre que c’est vrai… ! répliqua Sirius. Enfin bref…, et tu n’as même pas demandé son avis à Harry… ! Il est tout de même concerné, lui aussi… !

 

          - Je peux m’en tirer honorablement, je pense… ! intervint le concerné.

 

          - Et puis, on a encore près d’un mois et demi pour s’entraîner… ! observa James. Ca devrait être suffisant… ! Et puis, pourquoi t’inquiètes-tu comme ça, Sirius ? Tu sais aussi bien que moi que les Serpentards ne vont pas respecter leur parole… ! Alors, dans ce cas, on reprendra nos postes habituels, Harry et moi… ! »

 

         James soutint le regard de son ami qui semblait sceptique.

 

         «- C’est l’honneur des Maraudeurs, mais aussi de notre équipe et de Gryffondor qui était en jeu, Sirius… ! Je ne pouvais pas refuser ce défi… ! Et puis, je sais qu’on gagnera malgré tout… !

 

          - Si tu le dis… ! soupira Sirius. De toute façon, maintenant que tu as accepté, on ne peux plus faire marche arrière… ! J’espère seulement que tu sais ce que tu fais, Jamsie !

 

          - Ne t’en fait pas comme ça, mon vieux… ! »

 

         Il y eut un moment de silence.

 

         «- N’empêche, je n’arrive pas à y croire… ! Rogue membre de l’équipe de Serpentard… ! commenta Sirius en secouant la tête d’un air incrédule.

 

          - C’est sûr que ça va être quelque chose à voir… ! approuva James en souriant, avant de se tourner vers la jeune fille qui, assis à côté de lui, fixait distraitement son assiette. Désolé, Lily, si je t’ai répondu un peu durement, tout à l’heure mais… ! »

 

         Elle leva les yeux vers lui et sourit.

 

         « Oh, ce n’est pas la peine de te justifier… ! répliqua-t-elle. Je comprends… ! »

 

         James esquissa un pâle sourire, mais passa un bras autour des épaules de la jeune fille et l’embrassa rapidement.

 

         «- Bon, ce n’est pas tout ça mais il faudrait peut-être penser à aller en cours… ! intervint finalement Remus alors que le petit groupe avait repris ses occupations matinales dans une ambiance plus sereine qu’auparavant.

 

          - Rem, tu étais vraiment obligé de nous dire ça… ? » s’offusqua Sirius, arrachant quelques sourires à ses amis.

 

* * * * *

 

         La journée s’était tranquillement écoulé, en dehors d’un “petit incident” durant le cours de Potions, durant lequel Krayak avait enlevé cinquante points à Gryffondor, après que Rogue et ses amis aient commencer à briller dans l’obscurité du cachot où se déroulaient le cours. Harry supposa que l’absence de James et Sirius durant le déjeuner ne devait pas être anodin au fait que le petit groupe de Serpentard affichait une magnifique teinte verte fluorescente, au plus grand amusement des Gryffondors.

 

         Quoiqu’il en soit, ce soir-là, James et Harry revenaient un peu plus tard que de coutume du stade de Quidditch où ils s’étaient attardés pour commencer à s’essayer au poste de l’autre…, tentative qui ne s’était pas révélée très concluante.

 

         Ils traversaient le parc obscur en discutant de tout et de rien, lorsque…

 

         « Eh, mais c’est le Phénix de Dumbledore ! » s’exclama James, alors que l’oiseau, surgissant soudain dans le ciel nocturne, laissait échapper un cri joyeux en apercevant Harry.

 

         Celui-ci sourit, lorsque l’animal vint se poser sur son épaule, un message fixé à sa patte.

 

         « Salut, Fumseck ! lança joyeusement Harry en caressant la tête de l’oiseau qui lui tendit la patte.

 

          - Il a l’air de bien t’aimer ! s’étonna James.

 

          - Je le connais bien… ! répondit simplement l’adolescent, en récupérant la lettre qui lui était destinée et en la glissant dans sa poche. Merci mon beau ! » ajouta-t-il en passant la main dans le plumage soyeux de l’animal.

 

         James ne posa pas de question mais Harry ne put s’empêcher de lui adresser un regard en coin, alors qu’ils pénétraient dans le hall d’entrée. Tous deux gagnèrent sans encombre leur dortoir, où Sirius sortait de la salle de bain.

 

         «- Alors ? Qu’est-ce que ça a donné ? demanda-t-il, tout en farfouillant dans ses vêtements, une serviette autour de la taille.

 

          - Pas fameux… ! concéda James, alors que Harry regagnait son lit et que Fumseck, se décidant à quitter son épaule venait s’installer sur son lit. Mais j’ai bon espoir que ça s’améliorera… !

 

          - J’espère bien… ! » approuva Sirius.

 

* * * * *

 

         Le dortoir était silencieux. Les Maraudeurs profitant de leur nuit pour compenser la nuit blanche mensuelle qui avait accompagné la pleine lune qui avait eu lieu une semaine plus tôt. Pourtant, Harry assis dans son lit, Fumseck à ses côtés, avait sauté sur l’occasion d’être tranquille pour lire la lettre que l’animal lui avait apporté.

 

                   Cher Harry,

         Désolé de ne pas t’avoir écrit plus tôt mais ces voyages inter-temporels sont assez éprouvants pour Fumseck et nous avons dû attendre qu’il ait parfaitement récupéré de son premier voyage pour te le renvoyer.

         Alors, avant tout, j’espère que tu as passé de bonnes fêtes (même si je n’en doute pas un seul instant) et que la reprise des cours s’est bien passée… Ah, au passage, Remus se joint à moi et te passe le bonjour !

         Ici, tout va pour le mieux et Voldemort ne semble pas vouloir se manifester de sitôt.

         Quoiqu’il en soit, je peux te dire que Ron et Hermione n’ont pas vraiment apprécié de ne pas avoir put t’écrire un mot la dernière fois, si bien que, à l’instant où je t’écris, ces deux-là attendent impatiemment leur tour. Alors je ne tiens pas à mettre leur patience à plus rude épreuve.

         Prends soin de toi, Harry.

                   Sirius.”

 

         Harry sourit, puis s’intéressa au mot suivant, reconnaissant aussitôt l’écriture de son meilleur ami.

 

                   Salut mon vieux,

         Alors, comme ça on se fait la belle sans nous le dire ? Tu aurais dû nous voir, Hermione et moi quand on a appris ce qui s’était passé durant la retenue… ! En tout cas, tu as vraiment de la chance… ! Fred et George payeraient chers pour être à ta place…, tu sais aussi bien que moi ce qu’ils pensent des Maraudeurs… ! Enfin, je suppose que tu dois être ravi de cette occasion qui s’offre à toi de mieux connaître tes parents, mais j’espère quand même que nous te manquons un tant soit peu… !

         Bon, je vais laisser la place à Hermione avant qu’elle ne me fasse la peau ! Mais non, ma Mimi jolie je plaisante, je t’assure ! (elle a lue par dessus mon épaule)

         Amuse-toi bien,

                   Ron.”

 

         Harry, amusé par la remarque de son ami et reporta son attention à la suite de la lettre.

 

                   Salut Harry,

         N’écoute pas ce que dit ce grand imbécile ! Enfin, tu sais comment il est… !

         Mais là n’est pas la question… ! Même s’il est vrai que tu nous manque beaucoup, je suis heureuse pour toi que tu puisse avoir une telle occasion, non seulement de connaître mieux tes parents…, ou plutôt tes futurs parents, mais aussi de ne plus avoir à te préoccuper de tous les problèmes que tu as ici… !

         Comme tu dois t’en douter, j’ai été nommée Préfète-en-Chef…, au plus grand dam de Ron… !

         Tu sais, je ne sais pas si c’est une bonne idée de te dire ça là, maintenant…, mais bon, tant pis… ! Tu sais très bien que je n’ai jamais vraiment vu le fait que tu sortes avec Cho d’un très bon œil…, et bien, j’avais raison… ! Je l’ai surprise il y a deux jours à flirter avec un septième année de Poufsouffle…, le meilleur joueur de l’équipe de Quidditch de cette maison… ! Désolée, mais en tant qu’amie, je me dois te le dire… ! Et puis, en plus de cela, elle ne s’est pas une seule fois inquiétée pour toi… ! Quand on lui a annoncé ton absence, tout ce qu’elle a trouvé à dire c’est que tu aurais quand même pu avoir la décence de venir le lui dire ! Non mais quelle idiote… !

         Enfin, voilà, c’était la petite mauvaise nouvelle du jour et j’espère que tu ne m’en voudras pas…

         A bientôt j’espère,

                   Hermione.”

 

         Harry esquissa une légère grimace. Alors Cho le trompait ouvertement ? Curieusement, cette nouvelle ne lui fit pas plus d’effet que ça… ! Mais, une chose était sûre, Hermione avait bien fait de lui en parler… Fumseck bougea discrètement, ébouriffant ses plumes. L’adolescent sourit et caressa la tête écarlate du Phénix. Il allait commencer à répondre lorsqu’un léger bruit dans le dortoir le tira de ses réflexions. Un bruissement infime, comme celui d’une cape, suivit de l’ouverture, qui se voulait aussi discrète que possible, de la porte. Harry rit silencieusement, n’ayant aucun mal à deviner l’identité de celui qui venait de quitter le dortoir… James avait visiblement prévu de retrouver sa dulcinée… Harry secoua la tête, amusé, et commença à rédiger sa lettre.

 

         Cela fait, il confia le courrier à Fumseck qui disparut des lieux, après une dernière caresse de l’adolescent. Celui-ci, une fois le Phénix partit, soupira, se laissant choir sur son oreiller, les bras derrière la tête. Hermione n’avait pas tout à fait tort, ce voyage inter-temporel lui avait permis d’échapper aux problèmes qui rythmaient son quotidien à son époque…, mais pour en faire face à d’autre… Il avait préféré s’abstenir de parler de son problème de cicatrice, lié à l’attaque des Aurors… ! Leur meurtre n’ayant pas été réalisé par Voldemort lui-même, mais par des Mangemorts et des Géants en surnombre qui n’avaient eu aucun mal à avoir raison du petit groupe d’Aurors… ! Mais le fait que Voldemort n’ait pas interféré avait limité la douleur infligée par la cicatrice de l’adolescent, même si Harry sentait qu’il ne pourrait pas y échapper éternellement…, que la douleur reviendrait à nouveau…

 

         Il soupira et finit par sombrer dans un sommeil agité, peuplé de voix anonymes et autres préoccupations du moment.

 

 

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